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21 févr. 2020 Le coût de la sous-scolarisation des jeunes placés est de 370 millions $, selon Martin Goyette et Pier-André Bouchard St-Amant

Selon une recherche du Partenariat de l'Étude longitudinale sur le devenir des jeunes placés au Québec et en France (EDJeP) dirigée par la Chaire de recherche du Canada sur l'évaluation des actions publiques à l'égard des jeunes et des populations vulnérables (CREVAJ) de l'ENAP, le coût de la sous-scolarisation des jeunes placés est estimé à 370 millions de dollars pour chaque cohorte de jeunes sortant de placement.

« L’analyse de la 2e vague de données de l’EDJeP révèle qu’à l’âge de 19 ans, 24,8 % des jeunes de notre cohorte avaient obtenu un diplôme d’études secondaires, ou une équivalence, alors que ce taux s’élève 77, % chez l’ensemble des jeunes Québécois du même âge.

Nous savons maintenant que le coût de la sous-scolarisation représente une perte économique potentielle de près de 370 millions de dollars pour cette cohorte sur l’ensemble de leur vie active. Et encore, les coûts des services sociaux associés à la sous-scolarisation comme ceux de la judiciarisation, de l’aide sociale et la santé mentale, par exemple, ne sont pas pris en compte dans ce chiffre », explique le professeur de l’ENAP, Martin Goyette.

Selon lui, le projet CLÉ initié en 2015 par la Fondation du Centre Jeunesse de la Montérégie, avec le CISSS de la Montérégie Est est une piste de solution. Celui-ci vise à soutenir financièrement et émotionnellement la scolarisation postsecondaire des jeunes ayant vécu une expérience de placement par des bourses d’études d’une valeur mensuelle de 416 $ tout au long de leur parcours postsecondaire.

Pier-André Bouchard St-Amant, économiste, professeur de finances publiques à l’ENAP et chercheur à la Chaire réseau jeunesse (CRJ) ajoute : « En cette semaine de la persévérance scolaire, notre étude montre qu’il y a un grand potentiel économique qui demeure inexploité en raison de la sous-scolarisation des jeunes placés. D’ailleurs, selon les données probantes, les mesures visant la diplomation au secondaire suggèrent leur rentabilité ».

Selon le directeur général de l’ENAP, Guy Laforest, les travaux des professeurs Martin Goyette et Pier-André Bouchard St-Amant démontrent qu’il est primordial de poursuivre la recherche sur la scolarisation des jeunes placés : « C’est un enjeu sociétal important et ces jeunes ne doivent pas être oubliés lorsque l’on discute de persévérance scolaire », fait-il valoir.

 

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